Wednesday, September 19, 2012

La situation des entreprises françaises dans la chaîne de valeur du photovoltaïque.


Une chaine de valeur concentrée sur l’aval : 
Ingénierie, installation, exploitation, maintenance

Le moratoire de décembre 2010 sur les tarifs d'achat a pesé sur l'aval de la filière en France, tandis que la pression à la baisse sur les prix des modules pesait sur l'amont. De 24 000 emplois en 2010, la filière est passée à 18 800 emplois (équivalent temps plein) en 2011, qui se répartissent en 17 800 ETP pour l'investissement et 1 000 ETP pour l'exploitation – maintenance. Les entreprises françaises du photovoltaïque sont désormais très concentrées sur l'ingénierie et l'installation en aval de la fabrication du panneau photovoltaïque. 80 % des 17 800 emplois de la partie investissement de la filière y sont présents, alors que cette portion ne représente que 42 % de la valeur ajoutée de l'investissement (cf. schéma suivant).




Le marché de l'investissement photovoltaïque français a représenté en 2011 plus de 3 Mds d'Euros, dont la moitié représentait une valeur ajoutée française, cette dernière étant plus importante chez les particuliers du fait du plus grand poids de l'installation dans ce sous-segment (tableau suivant).



Des aides publiques particulièrement élevées au regard des emplois créés en France.

Le syndicat des énergies renouvelables (SER) prévoit, dans le photovoltaïque français en 2020, des emplois directs et indirects de 56 200 ETP et un total de 74 000 ETP si l’on inclut les emplois induits. Ces prévisions d’emploi correspondent à des prévisions de puissance installée de 20 000 MW, très supérieures aux 7 800 MW prévus par la DGEC au même horizon. Il faudrait donc pour parvenir à ces 20 000 MW, une aide financière très supérieure aux 2,8 Mds d’euros de CSPE43 prévus par la DGEC pour le photovoltaïque en 2020. Or, même si l’on rapporte la CSPE des 7 800 MW aux prévisions d’emplois ambitieuses du SER et si l’on intègre dans ces emplois les emplois induits, le ratio d’aide publique par emploi ressort à 37 540 € par emploi et par an. Le ratio exact est certainement bien supérieur, mais il faudrait pour le calculer concevoir une évolution tarifaire qui permît la croissance souhaitée par le SER.

Un impact négatif sur le commerce extérieur

L'absence de capacité manufacturière importante et l'activité exportatrice limitée rendent la balance commerciale du photovoltaïque français nettement déficitaire (tableau ci-dessous).

Conclusion du rapport :

Au total, il ressort de cet examen que, en l’état actuel des choses, les aides publiques au développement de l’électricité photovoltaïque en France, et notamment en France métropolitaine, ne se justifient ni par des considérations de créations d’emplois, ni pour des raisons environnementales (le développement du photovoltaïque tendant à augmenter les émissions de CO2 en l’absence de dispositifs de stockage de l’électricité – voir chapitre 1), ni pour des raisons de commerce extérieur, mais permet un certain rééquilibrage de notre mix énergétique.

Rapport complet ici
(C G E I E T - C G E D D )

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